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Accueil arrow Activités arrow Cercle de lecture arrow La rencontre de mars 2010 - Prisonnière à Téhéran
La rencontre de mars 2010 - Prisonnière à Téhéran Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Claude Dubé   
25-03-2010

« Prisonnière à Téhéran » est l’histoire vécue d’une adolescente chrétienne, Marina Nemat, qui est emprisonnée dans une prison néfaste de Téhéran, en Iran, au début de l’an 1982. Son crime était d’avoir suscité une grève d’étudiantes pour se plaindre de la propagande politique et islamiste enseignée par les institutrices au lieu des cours de mathématiques et d’histoires qu’elles devaient donner. Sous les verrous avec un grand nombre de jeunes femmes ayant osé protester des abus sociaux du régime de l’ayatollah Khomeiny, Marina est cravachée sur la plante des pieds et puis condamnée in absentia par une cour islamique. La sentence : à être fusillée ignoblement devant un peloton d’exécution.

Ses amies sont abattues et enterrées dans des fosses communes. La vie de Marina est sauvée par Ali, son bourreau, qui la convoite. Sous la menace de mettre ses parents en danger, ainsi que son fiancé André, Marina doit se convertir à l’Islam et marier Ali solennellement. Elle n’aime pas ce mari et elle sera dépucelée le soir du mariage.

Toujours prisonnière, son mari et geôlier vient la chercher le soir, à l’insu des autres détenues, et la fait passer les soirées avec lui dans une cellule privée. Quelques fois, il lui donne une randonnée dans sa Mercedes, il lui achète un sandwich aux œufs dans un bistro et, une fois, il lui fait cadeau de plusieurs jours en villégiature, sur le bord de la mer.

Plus tard, enceinte et ayant acquis un certain respect et peut-être une affection mitigée pour Ali, elle est témoin de son assassinat par d’autres geôliers de la prison (il n’y a pas de concorde entres les nombreuses factions islamistes). L’assassinat de son mari lui déclenche un avortement.

Prisée par son beau-père qui a une influence sur l’ayatollah et son régime, Marina sera relâchée de prison. Elle se mariera avec son fiancé, André, et ils émigreront au Canada en 1991.

L’histoire de Marina en prison est imprégnée des amours innocentes et candides d’une jeune adolescente. À treize ans, lors d’un séjour familial sur les bords de la mer Caspienne, elle rencontre son premier amour, Arash. C’est un adolescent de parents chrétiens qui s’est converti à l’Islam. Il idéalise les principes religieux des apôtres de Mahomet. Les deux se respectent et ils sont chastes. C’est à peine si leurs lèvres s’effleurent dans un avant-goût de passion vitement interrompu par Arash. Il joue de la flûte, ils lisent des poèmes, ils font du vélo, ils marchent sur la plage, ils se baignent mais ils ne se touchent pas. Marina a aussi un groupe d’amies et amis. En vacances, ils portent des shorts, des tee-shirts et ils dansent sur la musique des Bee Gees.

Ils sont Iraniens, c'est-à-dire, du royaume des Aryens ou Perses. Ils parlent tous le persan. Ils sont de foi musulmane ou zoroastrienne ou chrétienne. Ils sont jeunes et ils sont heureux. C’était l’été de 1978. Arash sera abattu par les soldats du Shah d’Iran lors d’une protestation en septembre. Le Shah Pahlavi du Royaume d’Iran abdiquera quelques mois plus tard et les Shiites musulmans prendront le pouvoir et déclareront la République Islamique d’Iran en 1979. Le retour aux classes est annulé pour cette année entière.

En 1980, à l’ouverture des classes, le hijab est obligatoire. Il n’y en plus de maquillage, de polie à ongles ni d’épilage de sourcils. Les jeunes adolescentes doivent se vêtir d’un tchador. La musique et la danse sont défendues. Il n’y a plus de liberté de paroles. Les femmes sont fouettées sur place simplement pour avoir montrer une mèche de leur cheveux. Les institutrices sont remplacées par des gardes révolutionnaires.

Marina fut dispensée des cours de religion islamique en prenant des cours de catéchisme chrétien. Puisque l’église russe orthodoxe de Téhéran n’avait plus de prêtre, elle se rendit à l’église catholique. C’est la qu’elle rencontra l’organiste André et en devint amoureuse. Il sera plus tard son époux bien-aimé et le père de ses deux fils au Canada.

Ali, son premier mari et son geôlier, ne fut jamais son amant. Par contre, en rencontrant et se faisant appréciée par les membres de la famille d’Ali, Marina vint à respecter et apprécier la gentillesse, l’amour et le respect de son époux envers sa famille et envers elle. Néanmoins, il demeurait toujours son geôlier et un bourreau envers d’autres. Donc, sans l’aimer, elle ne l’haïssait pas.

Quelques membres de Cercle de lecture ont critiqué Marina Nemat de vouloir faire l’apologie de l’Occident et de vouloir en faire un nirvana ainsi que d’avoir une certaine duplicité de conscience envers ses oppresseurs. Il faut dire que les occidentaux connaissent mal cette région de l’Asie centrale dont la société et la religion zoroastrienne étaient aussi anciennes au temps de Jésus que la chrétienté l’est de nos jours. Marina sait pardonner et elle respecte les valeurs du milieu islamique qui lui ont permis de s’éloigner du pays de sa naissance. À l’instar de Galilée, elle a su vivre pour survivre et raconter son histoire.


Dernière mise à jour : ( 28-03-2010 )
 
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